Prébiotiques, probiotiques : pourquoi sont-ils bons pour votre santé ?

Si on se réfère à la définition donnée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les probiotiques « sont des micro-organismes vivants qui, lorsqu’ils sont ingérés en quantité suffisante, exercent des effets positifs sur la santé, au-delà des effets nutritionnels traditionnels ». Mais alors, que sont les prébiotiques ? Quelles différences entre les uns et les autres ?

Comprendre les probiotiques

probiotiques

Les probiotiques sont des bactéries vivantes qui font naturellement partie de la flore intestinale (microbiote). Faiblement ou le plus souvent pas du tout responsables de maladies, ces micro-organismes jouent un rôle essentiel dans le bon fonctionnement de l’organisme, et participent donc à la santé et au bien-être de leur hôte. Les probiotiques les plus communément rencontrés sont les souches Bifidobacterium Bifidum et Bifidobacterium Infantis (flore intestinale dominante), Lactobacillus Acidophilus, Lactobacillus Casei, Streptococcus Faecium, Streptococcus Lactis (flore sous-dominante) et dans une moindre mesure Lactobacillus Bifidus, Lactobacillus Bulgaricus, Lactobacillus Caucasus, Lactobacillus Fermenti ou encore Lactobacillus Kefir. On trouve par exemple naturellement du Bifidobactrium lactis et du Lactobacillus acidophilus dans les yaourts, sachant que la consommation régulière de ces 2 souches aide à inhiber l’infection par l’Helicobacter pylori chez l’homme. Mais les probiotiques peuvent être pris sous forme de compléments alimentaires que vous trouverez dans le commerce ou sur Internet. Il faut privilégier les gélules qui contiennent au minimum 8 milliards de bactéries (le tube digestif en contient environ 100 000 milliards), et qui combinent au moins 4 souches probiotiques (400 espèces différentes cohabitent dans l’intestin), de façon à en bénéficier pleinement. On trouve également de grandes quantités de probiotiques dans tous les aliments fermentés, que ce soit la choucroute, le lait fermenté (kéfir, lait ribot), le tofu… Les probiotiques peuvent sans danger être utilisés par les enfants, et il existe même des compléments alimentaires qui leur sont destinés. Certains produits combinent du Lactobacillus rhamnosus, du Lactobacillus fermentum et du Bifidobacterium infantis à des vitamines C et D, de façon à aider les enfants à rester en forme et à stimuler leurs défenses naturelles. De plus, les probiotiques Lactobacillus ont un effet anti-inflammatoire, ils soulagent les symptômes du syndrome de l’intestin irritable, et ils sont très efficaces pour traiter des enfants présentant une diarrhée aiguë et infectieuse ou une tourista. En cas de diarrhée chronique chez l’enfant, on privilégiera les Lactobacillus casei, les Lactobacillus acidophilus et les Saccharomyces boulardii (ces derniers étant plus connus sous le nom d’ultra-levure). Par ailleurs, les Lactobacillus et bifidobactéries améliorent de nombreuses pathologies qui impliquent un dérèglement du système immunitaire, telles que l’eczéma atopique, l’asthme, les allergies et notamment les allergies alimentaires. En effet, les probiotiques, grâce à leurs propriétés antimicrobiennes, interviennent en tant que régulateurs du système immunitaire, d’autant qu’ils rééquilibrent la flore intestinale qui joue un rôle essentiel dans le maintien de l’immunité. En naturopathie, les probiotiques peuvent même être administrés par voie vaginale, pour régénérer la flore vaginale et éliminer des agents pathogènes tels que Gardnerella vaginalis ou encore l’Escherichia Coli. Plus généralement, les probiotiques lutteront de façon naturelle contre les infections urogénitales récidivantes (vaginites et cystites). Ils sont également préconisés après un traitement antibiotique, de façon à rééquilibrer le microbiote intestinal.

Comprendre les prébiotiques

Les prébiotiques sont des sucres fermentescibles qui ne sont pas dégradés au cours de la digestion (ils résistent au suc gastrique, aux sels biliaires, et ne peuvent pas être assimilés par l’intestin). On les retrouve en grandes quantités dans certains végétaux : les légumes tels que les artichauts, les asperges, les oignons ou les poireaux, les fruits (bananes, fraises…), les légumineuses, les céréales complètes (seigle et orge) et les graines riches en fibres alimentaires, mais aussi dans le miel. Ils présentent un grand intérêt, puisqu’ils sont utilisés par les enzymes nécessaires à notre digestion et par les bactéries intestinales, c‘est-à-dire les probiotiques (notamment les bifidobactéries). Ainsi, les prébiotiques stimulent le développement des probiotiques, auprès desquels ils jouent un véritable rôle d’engrais. C’est pour cette raison qu’il est très intéressant de les prendre simultanément. Les compléments alimentaires qui combinent des probiotiques et des prébiotiques prennent le nom de symbiotiques (puisque les probiotiques et les prébiotiques agissent en symbiose). Même pris isolément, les prébiotiques peuvent être utiles pour réduire l’inflammation de la muqueuse intestinale, favoriser l’absorption des minéraux (calcium notamment), stimuler l’élimination des toxines, et de façon générale pour améliorer la digestion.

Précautions d’emploi des pré- et probiotiques

Les bienfaits des prébiotiques et des probiotiques sont nombreux, néanmoins il faut respecter quelques précautions d’emploi. Pour améliorer les problèmes digestifs, il est conseillé de les prendre environ une demi-heure avant les repas. Ils peuvent aussi être pris au cours du repas, mais évitez dans ce cas de les consommer en même temps que des aliments acides ou très chauds qui sont susceptibles de les altérer. De même, évitez de les prendre en même temps qu’un médicament ; laissez passer au moins deux heures entre la prise de votre médicament et celle du probiotique. Bien qu’en théorie les femmes enceintes ou allaitantes puissent prendre des pré- et probiotiques sans risque, il est préférable de consulter un spécialiste avant d’entamer une cure. De même, les bébés peuvent prendre des probiotiques s’ils sont adaptés, mais assurez-vous que l’enfant est sous la surveillance d’un pédiatre. Chez certaines personnes, les pré- et probiotiques peuvent entraîner des troubles digestifs tels que des ballonnements, des gaz… Il est dans ce cas possible de diminuer les doses puis de les augmenter de façon très progressive, pour laisser le temps à l’organisme de se rééquilibrer tout en douceur. Mais il arrive aussi qu’on observe des symptômes suffisamment importants pour qu’il faille cesser de les prendre. Ce type de réactions s’observe chez les personnes qui présentent une inflammation intestinale chronique, une intoxication intestinale, ou un dérèglement trop important de la flore intestinale. Il faudra dans ce cas traiter le problème avant de songer à faire une cure de probiotiques. Enfin, il est contre-indiqué d’utiliser des probiotiques en cas de pancréatite aiguë ou en cas d’immunodéficience sévère (VIH par exemple).

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